Amoureux à la Cité... le récit de Laure

Feb 14, 2020

8 saisons à la Cité Internationale

 

M. s’installe à la Cité Internationale la même année que moi, lui pour poursuivre des études supérieures d’économie, moi pour étudier dans une école d’ingénieur.

Nous sommes tous les deux du grand sud de Paris … Il arrive tout droit d’Algérie. En en toile de fond sa famille proche et une kyrielle de cousines et cousins très présents pour visiter Paris et lui tenir compagnie. J’arrive de Marseille, seule et isolée. Je partage ma chambre avec une étudiante dont je vais faire connaissance au fil de l’année scolaire.

Autant M. est volubile, se sent comme un poisson dans l’eau dans l’art d’argumenter et de convaincre la galerie, autant je suis taiseuse et mal à l’aise en public. Nous logeons tous les deux dans des bâtiments différents de Deutsch de la Meurthe. Nous pique-niquons souvent sur la pelouse avec les autres étudiant-e-s. Il me fait découvrir l’art du thé à la menthe, je lui fais goûter les calissons d’Aix.

Des équipes de basket constituées de résidentes et résidents, effectuent des tournois au sein de la Cité. Je décide d’intégrer celle de la Deutsch de la Meurthe, en tant que seule femme dans cette équipe qui par la même devient mixte ! C’est une expérience très amusante. Mixité de caractères bien trempés et de nationalités du monde entier. M. fait également partie de cette équipe et me prodigue quelques conseils lors des entrainements.

Nous apprenons à nous apprécier petit à petit. Loin de moi d’ailleurs, l’idée qu’il pourrait être plus qu’un ami. En commun notre intérêt pour la chanteuse Barbara et pour les mots croisés …

Un week-end où ma coturne est retournée chez ses parents, il frappe à la porte de ma chambre.  Je suis justement en train de me creuser la tête pour terminer un concours de mots croisés. Il me demande s’il peut m’aider et nous cherchons ensemble à quoi peut correspondre cette foutue définition sur laquelle je sèche. Nous sommes l’un à côté de l’autre et je sens son odeur et son rire tout proche. Ses lèvres effleurent les miennes. Le stylo tombe par terre et les mots croisés avec …

C’est le début d’un amour dont nous ne mesurerons la profondeur que quelques années plus tard.

Nos chemins se séparent ensuite et nous faisons notre vie chacun de notre côté, lui en Algérie, moi en France. Nous demeurons néanmoins toujours en contact. Nous passons des vacances ensemble avec nos familles respectives, partageons les nouvelles des moments heureux et douloureux de nos existences. 

 M. et moi sommes frère et sœur de cœur. Quarante ans d’une belle et lumineuse amitié nourrissent notre destinée.


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