COVID-19 et le droit à l'éducation | par Tania TOSSA, alumna de la Fondation Deutsch de la Meurthe

Sep 02, 2020

 

La crise sanitaire due au COVID-19, à travers les exclus du numérique engendrés, a mis à mal les principes fondamentaux du Droit à l’Education.

 

L’enseignement en ligne provoqué par la fermeture inédite des écoles et des établissements d’enseignement supérieurs, a aggravé la « fracture numérique » puis fragilisé le droit à l’éducation pour tous.

 

En effet, à l’échelle mondiale, l’accès difficile voire impossible à une connexion internet pour plus de la moitié des élèves, a incontestablement compliqué la possibilité de suivre l’instruction à distance.

 

A titre d’exemple, en Afrique subsaharienne où moins de 50% des personnes ont accès à l’électricité, l’enseignement à distance a été rendue impossible. La conséquence préjudiciable sur la formation des enfants apparaît patente.

 

En France, bien que la population soit connectée, le Ministère de l’Education Nationale a souligné que 4% à 8% des élèves, en raison de la fracture numérique ajoutée à la déscolarisation, n’ont pas eu le moindre contact avec leurs professeurs depuis la fermeture des écoles.

 

Une réelle fracture numérique et sociale s’est creusée rompant ainsi avec les principes élémentaires de droit.

 

En effet, l’article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme indique que

« toute personne a droit à l’éducation ».

Au niveau européen, l’Article 2 du 1er protocole additionnel n°1 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme dispose que « nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction ». L’article 14 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) ajoute que toute personne a droit à l’éducation, ainsi qu’à l’accès à une formation professionnelle continue.

 

La Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme a dénoncé dans un avis du 26 mai 2020 les violations au Droit à l’Education garanti par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

 

En ce sens, le Ministère de l'Education français a déjà prévu un "plan de continuité pédagogique" pour la rentrée de 2020, afin de venir en aide aux différents chefs d’établissement à maintenir le lien avec leurs élèves et leur permettre de se former dans l‘éventualité d'une reprise de la pandémie.

 

Aujourd’hui, la priorité nationale est donc concentrée sur un égal accès à l’instruction, sans condition d’origine, de situation administrative ou de lieu d’habitation.

 

Ainsi, si l’on en juge par l’œuvre des pouvoirs publics qui tentent d’offrir de nouveaux horizons pour bâtir une école plus respectueuse du droit à l’éducation et par le dynamisme d’associations telles que Green Light XII prônant la transition écologique, solidaire et numérique, les perspectives d’avenir semblent encourageantes.

 


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