SOLIDARITE... Témoignage de Philippe FABRE, alumnus de la Maison de Norvège, parrain dans le cadre de l'opération "Noël ensemble/ Christmas together"

 

« En cette période de crise sanitaire, les contacts entre personnes sont limités, et l’idée de l’opération « Christmas together » était justement de lancer une démarche volontaire d’échange entre les résidents actuels de la cité, et les anciens résidents. Du point de vue pratique, nous avons démarré sous Jitsi, puis sommes passés sous Skype, en langue anglaise. Au départ, il a fallu briser la glace, avec Maira, l’étudiante venue de Lahore, dans le lointain Pakistan, et trouver des sujets d’intérêt communs... puis les échanges ont été soutenus. Au début, c’est un peu difficile de « se livrer »  quand on ne se connait pas, et il y a sur certains points une différence culturelle importante… Mais la politesse et les bonnes manières partagées constituent un cadre qui permet aussi de se sentir à l’aise.

Pour Maira, d’abord, cela a été l’occasion de mieux connaître la langue française, la société française, les familles françaises, hors du milieu étudiant, et de poser certaines questions qui lui tenaient à cœur. De fait, dans les échanges, comme lorsqu’on discute entre compatriotes, on combine l’ « utile » et le « culturel », d’une part, et on alterne les faits et les opinions, d’autre part. C’est un peu décousu, mais c’est naturel, somme toute. Pour citer deux détails parmi d’autres, elle ne connaissait pas Astérix et Obélix, ni le rideau de fer, qui traversait l’Union Européenne lorsque j’étais étudiant. Inversement, je ne connaissais pas la musique Qawwali du Pakistan, ni ces cérémonies guerrières dans lesquelles militaires pakistanais et indiens se font face à face.

Pour moi, cela a été l’occasion d’apprendre d’abord quelle était la situation du pays d’origine de ma correspondante, d’avoir une nouvelle vision sur la mondialisation. Ensuite, il m’a permis de mieux comprendre les aptitudes, et les difficultés que j’avais pu avoir à l’époque, en tant qu’étudiant issu d’un milieu modeste, dans lequel personne n’avait eu la chance d’étudier dans un milieu international.  Clairement, je me demandais quelle allait être ma vie professionnelle ensuite. J’avais la volonté de réussir contre vents et marées,  je crois l’avoir retrouvée chez elle en 2021, dans une conjoncture qui est devenue beaucoup plus difficile, malheureusement.

C’était l’occasion aussi de constater à quel point le monde a changé, par rapport à l’année 1980, date à laquelle je suis entré à la Maison de Norvège. A l’époque, il fallait mettre des pièces dans les cabines téléphoniques, pour appeler les familles, le téléphone interurbain (et encore plus international) était cher, et le dialogue était limité par des considérations financières. Lors de ce retour dans le passé, j’ai aussi pensé à tous ces étudiants étrangers que j’ai connus, qui sont venus pour connaître la France, et qui pour la plupart n’ont jamais oublié leur séjour.

Par ailleurs, d’autres personnes, un collègue et un autre étudiant étranger,  tous deux anglophones, se joignent régulièrement à nous pour partager, diversifier,  enrichir le dialogue.  Notre ton est volontairement positif, optimiste, en cette période assez difficile … et la communication fonctionne assez bien ! Alors, on continue !

En conclusion, ces échanges sont un complément vraiment intéressant à la démarche de fond, qui consiste à aider les étudiants lorsque nous le pouvons, en cette période difficile. »

 

Philippe FABRE est alumnus de la Maison de Norvège (1980-1983) et président du comité des résidents de la maison. Il a rencontré Maira dans le cadre de l’opération « Noël ensemble » menée en décembre 2020. En raison de la pandémie liée à la Covid-19, de nombreux résidents sont restés seuls à la Cité internationale pendant Noël et le Nouvel An. Pour éviter le blues lié à cette période de fin d’année, nous avons proposé aux alumni de « parrainer » un(e) résident(e) afin d’échanger, de partager des playlists de Noël et de proposer une bonne compagnie virtuelle en ces temps de solitude. 75 résidents et alumni ont participé à cette opération. Les binômes ont été constitués principalement en fonction de la langue parlée et des secteurs d’études/activité professionnelle. Dans le sondage envoyé une fois l’opération achevée, la grande majorité des participants ont déclaré : « J'ai passé un moment sympathique en compagnie du résident / de la résidente », « Nous avons échangé sur nos expériences à la Cité », « J'ai apporté/J’ai bénéficie d’un soutien moral », « J'ai apporté/bénéficié de conseils pour son/mon parcours ».

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